Historique et caractéristiques du Pessac Léogan

« Du Bourgogne, vraiment ? Je ne connaissais pas. C’est excellent, mais je préfère quand même le vin » F Mauriac.

Histoire : Dès le 1er siècle une tribu des bituriges a implanté la vigne sur la rive gauche de la Garonne. Les invasions barbares détruisent le vignoble qui se restreint à l’enceinte de Bordeaux et aux domaines ecclésiastiques (Saint Seurin, Sainte Croix)Le vignoble se développe au 12ème siècle particulièrement grâce à Aliénor d’Aquitaine qui lui donne certains avantages : une exonération des droits et la vente en primeur (avant le Haut Pays Lot, Tarn..).

Le vin le « Claret » est issu principalement de la région de Léognan et de Podensac à Langon. C’était un vin clair qui devait se boire assez rapidement.

14ème siècle : Bertrand de Goth, devenu Pape donne au chapitre de Saint Seurin son domaine de Pessac (Pape Clément)

16ème siècle Jean de Pontac installe le vignoble de Haut-Brion

17ème siècle : la notion de « grand cru » est née grâce à <Arnaud de Pontac

18ème siècle : les Bénédictins de Sainte-Croix achètent le château Carbonieux, c’est à cette époque qu’apparaît la notion de « château »

Le classement de 1855 ne distingue que le Château Haut-Brion en 1er Cru.A partir de 1852 et jusqu’à la fin du 19ème, l’oïdium, le phylloxéra et le mildiou affaiblissent considérablement le vignoble. Dès le début du 20ème siècle le vignoble est reconstitué, la production s’accroit et la qualité est désormais garantie par l’AOC.

Sols: Le sous-sol est composé d’argile, de sable, d’alios, de calcaire, de faluns (sable mélangé à des débris coquilliers du Tertiaire). Les graves, mélange de graviers et de galets roulés par les eaux, reposent sur le sous-sol. De couleur claire, captant parfaitement la chaleur et la lumière du soleil accumulées dans la journée, les graves les réfléchissent progressivement sur les grappes qui ne sont pas ainsi irradiées directement par les rayons du soleil. Au cours des nuits, la chaleur emmagasinée est restituée aux ceps cultivés au ras du sol. Ainsi le raisin ne se refroidit pas brutalement ; sa maturation, ses parfums et sa couleur évoluent dans les meilleures conditions. Les graves sont très perméables, laissant passer les eaux de pluie ; l’érosion est donc très faible, ce qui explique que l’on retrouve cette formation en surface du sol.

Climat : 2015 est la 3e année la plus chaude depuis 1900… Sècheresse, températures mensuelles et taux d’ensoleillement supérieurs aux normales saisonnières (au 1er semestre), fraîcheur nocturne et temps chaud en août accompagnant la véraison ont été des conditions climatiques optimales pour le vignoble !

Les caractéristiques générales :

Cépages : Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Merlot, Malbec et Petit Verdot

L’œil : la robe du Pessac-Léognan est d’une grande élégance et annonce son potentiel de garde : de rouge profond à reflets violets à cerise noire.

Le nez : puissant et complexe, intense ; fruits rouges bien mûrs et notes florales (violette). Très large, la palette aromatique présente aussi des notes fumées, des touches de pain grillé, de cuir, de réglisse, de vanille.

La bouche : Grande puissance et fortement charpenté tout en restant parfaitement équilibré. Typicité de terres chaudes et de cuit. Il confirme les impressions perçues par le nez. Les arômes s’ouvrent sur des combinaisons de notes variées de cacao, café, confitures, caramel.

Potentiel de garde : 7 à 20 ans (et plus pour certains millésimes) ; Température de service 16-18° ; Accords Mets – Vins : Canard (à l’orange, confits ou magrets), viandes rouges et blanches, champignons, fromages, gibiers à plumes.

 

La création de l’AOC Pessac-Léognan, le combat d’André Lurton.

En 1904 s’est créé à Léognan le Syndicat Viticole des Graves de Bordeaux regroupant 10 communes, curieusement celle de l’AOC Pessac-Léognan. En 1952, le Syndicat des Graves et Graves supérieures fait une demande à l’INAO pour un classement consacré par l’arrêté ministériel du 18 octobre 1958. Sur 120 candidats, seuls 12 furent retenus, tous dans les « Graves de Bordeaux ». Tollé, le Syndicat demande l’annulation du classement. L’INAO refuse et complète la liste en 1959 à 16 crus toujours dans les Graves de Bordeaux. En 1964, rupture des Graves de Bordeaux du Syndicat qui prennent le nom de Hautes Graves de Bordeaux. En 1974, l’INAO décrète que la qualité des AOC sera contrôlée avec un Certificat d’Agrément par analyses et dégustations. Un recours au Conseil d’Etat par le Syndicat des Hautes Graves est déposé par des adhérents contre ce décret.  L’INAO, prêt à accepter l’AOC Hautes Graves si le recours est retiré se voit bloqué par la décision du Conseil d’Etat qui accepte entre temps le recours alors qu’un accord était intervenu pour le retirer ! (Imbroglio dû à une grève des postes, un manque de communication, …). Or l’arrêt cassant le

décret risque de priver les Syndicats viticoles de tous leurs revenus. La profession viticole voit alors Raymond Barre, alors 1er Ministre qui a sorti un décret en 1978 rétablissant les revenus des Syndicats. M. A. Lurton, président du Syndicat convoque une Assemblée Générale du Syndicat des Hautes Graves avec pour objectif de « virer » des adhérents illégaux du Sud ! C’est ainsi que fut créé le Syndicat Viticole de Pessac et Léognan sur une région bien précise. Une demande a été faite à l’INAO pour obtenir une AOC spécifique. Dans un premier temps, l’INAO créa deux dénominations : Graves de Pessac et Graves de Léognan. Enfin, après une demande de l’INAO pour que les adhérents du Syndicat adhèrent également au Syndicat des Graves et Graves Supérieures qui fut acceptée (et apporta près de 150000€ qui financèrent la Maison des Graves de Podensac), une AOC a été demandée pour une AOC « Graves de Bordeaux ». Une commission d’enquête prit la décision de créer l’AOC Pessac-Léognan en septembre 1987 avec effet rétroactif sur la récolte 1986. L’AOC ‘Graves de Bordeaux’ fut refusée par la réglementation européenne car il existait déjà les AOC Graves et AOC Bordeaux. L’AOC regroupe les communes de Cadaujac, Canéjan, Gradignan, Léognan, Martillac, Mérignac, Pessac, Saint Médard d’Eyrans, Talence et Villenave d’Ornon.