Les Graves Supérieures

Les graves supérieures.

 vignobles des graves

Histoire: Le territoire des graves de Bordeaux est le berceau d’un vignoble installé depuis près de 2000 ans autour du port de Bordeaux. A la chute de l’empire romain les invasions barbares détruisent en grande partie ce vignoble, qui ne se maintient que dans l’enceinte de Bordeaux et hors les murs sur les domaines ecclésiastiques (Saint-Seurin, Sainte-Croix).
Au 12° siècle, le vignoble installé aux portes de Bordeaux essentiellement, connut une expansion particulière: en effet, en 1152, par le mariage d’ALIENOR d’AQUITAINE avec HENRI II PLANTAGENET, roi d’Angleterre, les propriétaires viticoles ont bénéficié d’avantages considérables pour exporter leur vin. Ces avantages contribuèrent à l’expansion du vignoble: la bourgeoisie bordelaise, par le défrichement des terres, étendit ses vignes de toutes parts, au Sud-Ouest jusqu’aux abords de LA BREDE et PESSAC entre autres.
Au 14° siècle, en 1305, BERTRAND DE GOTH, devenu Pape sous le nom de CLEMENT V, donna au chapitre de Saint-Seurin son domaine de Pessac, actuellement « LE PAPE CLEMENT ».
En 1453 la bataille de CASTILLON au cours de laquelle le capitaine anglais TALBOT trouva la mort, marque la fin de la période du grand commerce avec l’Angleterre.
Au 16° siècle JEAN DE PONTAC installa le vignoble du HAUT-BRION.
A la fin du 17° siècle ARNAUD DE PONTAC premier Président du Parlement de Bordeaux prit grand soin de son vin et fit naître le premier la notion de « grand cru », tenant tête à la concurrence des vins du MEDOC. Ce succès incita les riches bourgeois à planter de nouvelles terres en vigne. Le MEDOC et les GRAVES se couvrirent de vignobles. C’est à cette époque que se réalisa la carte actuelle du vignoble bordelais.
Le vignoble des GRAVES comprenait de vastes exploitations, essentiellement aux mains d’une aristocratie bordelaise, de bourgeois et haut-clergé, et atteint son apogée au début du 19° siècle.
En 1852 l’oïdium largement étendu dans les GRAVES a atteint le reste du vignoble. Le désastre fut total à partir de 1853. Le drainage des parcelles accorda un répit aux viticulteurs. Mais en 1869 le phylloxéra s’abattait sur le Bordelais, les premiers symptômes furent repérés dans la région de Léognan; des cépages américains résistants ont alors été importés.
A partir du début du 20° siècle la reconstitution du vignoble s’accompagna d’une législation créant les « appellations d’origine contrôlées » en leur accordant la protection nécessaire. Les viticulteurs des GRAVES se sont associés à cette politique de renouveau, et en 1953 une classification des vins de GRAVES voit le jour, consacrée par un arrêté ministériel du 18 Octobre 1958.
La qualité des vins de GRAVES est intimement liée à celles de son sol et de son climat.
Terroir : Les sols graveleux ou GRAVES, recouvrent les croupes ensoleillées de l’A.O.C, drainées par les nombreuses rivières, les jalles, telles que la Devèze, le Peugue, l’Eau Blanche. Le sous-sol est composé d’argile, de sable, d’alios, de calcaire, de faluns (sable mélangé à des débris coquilliers du Tertiaire). Les graves, mélange de graviers et de galets roulés par les eaux, reposent sur le sous-sol. De couleur claire, captant parfaitement la chaleur et la lumière du soleil accumulées dans la journée, les graves les réfléchissent progressivement sur les grappes qui ne sont pas ainsi irradiées directement par les rayons du soleil. Au cours des nuits, la chaleur emmagasinée est restituée aux ceps cultivés au ras du sol. Ainsi le raisin ne se refroidit pas brutalement; sa maturation, ses parfums et sa couleur évoluent dans les meilleures conditions. Les graves sont très perméables, laissant passer les eaux de pluie; l’érosion est donc très faible, ce qui explique que l’on retrouve cette formation en surface du sol.
Climat : il présente le maximum de conditions avantageuses pour la culture de la vigne. C’est un climat du type océanique, tempéré, humide. La forêt des Landes assure une bonne protection.
Au printemps les gelées sont assez exceptionnelles et si dans certains cas elles diminuent le rendement, il est heureusement rare qu’elles l’anéantissent.
Le mois de Juin, « mois de la fleur », apporte en général une douce chaleur, l’équilibre chaleur-humidité ambiante est assuré pour la floraison.
Durant les mois de Juillet-Aout, la lumière du soleil, abondante, permet aux raisins de se gorger de sucre.
A partir de fin Août les pluies apportent au sol l’humidité favorable à l’évolution du raisin. Cependant un excès de pluie serait néfaste, ralentissant la maturité et laissant se développer les différentes maladies cryptogamiques (Pourriture grise par exemple).
Le Sauternais constitue un cas à part. Sauternes, Barsac et Cérons rencontrent un microclimat particulier caractérisé par des brouillards matinaux en automne qui sont à l’origine d’un phénomène de pourriture dite noble par le « Botrytis cinerea ». Mais certaines parcelles des Graves profitent également de ces conditions pour faire le vins dits « Graves Supérieures.
Les Appellations : AOC Graves (3500 ha), Pessac-Léognan (Blancs et Rouges Secs), Graves Supérieures (moelleux), Sauternes, Barsac et Cérons (liquoreux).
La vinification des vins blancs doux (moelleux, liquoreux) :
La vinification diffère en plusieurs points. D’abord, elle suppose des raisins très riches en sucre obtenus de diverses manières :  passerillé
– Par surmaturation sur les ceps : c’est le passerillage : ce principe est utilisé par exemple pour le Jurançon. Il faut un climat particulier : vents secs qui vont dessécher les raisins par évaporation et permettre une forte concentration. Les vendanges s’échelonnent de fin septembre à décembre et même janvier.
– Par surmaturation hors souches : les raisins sont vendangés normalement et les grappes les plus saines sont soit disposées sur un lit de paille, soit sur claies, ou simplement suspendues dans un local bien ventilé. Ce principe est utilisé par exemple dans le Jura pour le vin de paille.passerillé 2
– Par l’action d’une ‘pourriture noble’ provoquée par un champignon, le Botrytis Cinerea, qui dans certaine condition de climat (humidité matinale et fort soleil dans le reste de la journée) provoque une porosité des peux et le dessèchement des baies. C’est la base des liquoreux de Bordeaux (Sauternes, Barsac, ….). Les vendanges se font par tries successives en fonction de l’état des grappes.
– Par l’action du gel : pour récolter les baies en partie gelées, permettant d’écarter au pressurage l’eau des baies qui subsiste sous forme de glace. (Eiswein d’Allemagne par exemple). Les vendanges se font en périodes de gel (décembre, janvier, souvent de nuit).
Après la vendange, la vinification est semblable à celle des vins blancs. Cependant la fermentation est stoppée naturellement par un taux d’alcool d’environ de 13° à 15° du vin ou par le froid ou par sulfitage (par élimination de l’oxygène) qui tuent les levures. Cet arrêt à pour effet de maintenir un taux de sucre élevé dans le vin. La teneur en sulfites est réglementée par la loi. Des teneurs trop élevées peuvent provoquer des maux de tête et de donner des odeurs désagréables (œufs pourris).Particularites-des-vins-de-Cerons-Barsac-Sauternes_article_140x140

La dégustation :
Château Brondelle 2014 Graves Supérieures 14° 8,80€ Vignobles Belloc : Au XVème siècle, selon les terriers (cadastre actuel) la propriété dépendait de la Seigneurie du Château de ROQUETAILLADE ; on retrouve des traces dans les documents historiques où le lieu dit PASQUIRE est mentionné ; à cette époque, la maison actuelle n’existait pas. Par la suite au travers des actes notariés la propriété actuelle apparaît. Fin 18ème, la famille Lansac est propriétaire. La famille Dupuy se porte acquéreur en 1846, ils construiront un bâtiment pour l’élevage du vin la signature sur le mur est encore visible aujourd’hui « DUPUY 1878 ». Dans le FERET de 1893 le Domaine de BRONDELLE est cité, la production est alors de 4 tonneaux de vin rouge et 2 tonneaux de vin blanc (moelleux).Louis Turtaut, grand père de l’actuel vigneron achète la propriété en 1927. Les 45 hectares du Château Brondelle se partagent entre les appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur, Graves et Sauternes. Les Graves supérieures sont cultivées sur 1 Ha ; Age des vignes 30 ans. Sol : Croupe Argilo-Graveleuse ; 100 % Sémillon. La situation géographique incite cette région des Graves à produire des vins blancs liquoreux, Sauternes se situe à 2 kilomètres de là. Les vins sont faits de la même façon. Le raisin est récolté à sur-maturité. Pendant l’automne le Botrytis Cinerea s’installe sur les raisins. Il se produit alors une concentration du sucre dans la baie de raisin. Par la suite, la récolte se fait par tris successifs afin de cueillir les meilleurs raisins. Arômes d’abricots confits, de pâte de fruit ; Garde : 20 ans.
Château Cherchy-Desqueyroux 2011, Graves Supérieures 1 »,5° 10,30€ : Le Château Cherchy-Desqueyroux est une des plus anciennes propriétés viticoles de la commune de Pujols sur Ciron. Ancienne propriété de M. De Cherchy, membre du Parlement de Bordeaux en 1750, il appartient depuis six générations à la famille Desqueyroux. C’est le plus vieux vin dans la commune de Pujols-sur-Ciron sur environ 20 ha dont 10 en blanc. Densité de plantation : 5500 à 6500 pieds/hectare. Age moyen du vignoble en blanc : 40 ans. Sol typique de sable rouge et de gravier avec des veines d’argile ; sous-sol argilo-calcaire et fond rocheux, calcaire à astéries. Assemblage : Sauvignon 10%, Sémillon 80%, Muscadelle 10% ; Viticulture traditionnelle. L’effeuillage manuel sur la face nord permet une maturité optimale. Vendanges en vert pour abaisser le rendement. Récolte manuelle avec trois tris à la vigne. Trois passages en attendant chaque fois la maturité optimale. 100% Botrytis (pourriture noble). Fermentation et macération en cuve inox. Le refroidissement du raisin avant pressurage pneumatique permet d’en extraire un joli fruit. Elevage en barriques de chêne français de 1 vin pendant 18 mois.
Fruit exotique, bouche mûre, équilibrée par une belle acidité. Vendanges : Mécaniques et manuelles pour les vignes blanches. Contrôle des températures : Drapeau. Echangeur thermique. Pressurage pneumatique, fermentation à température régulée en cuve. Durée de cuvaison : 25 à 28 jours. Elevage: 50 % en barriques dont 10 % neuves et 50 % en cuves 18 à 24 mois.
Château de Budos, cuvée Clémentine 2009 Graves supérieures, 13,5° 9,30€ :
Aux portes du Sauternais, un château Clémentin (forteresse construite au 14ème siècle par les parents du Pape Clément V originaire de Budos). Tout autour, un vignoble de 25 ha acquis en 1920 par la famille Boireau. A sa tête depuis 1994, Bernard Boireau, rejoint en 2004 par Laurent Persan, architecte paysagiste. Sols et sous-sols : Graves et Argilo-calcaire. Vignoble blanc : 11 hectares ; Sauvignon : 30 % Sémillon : 60 % et Muscadelle : 10%. Les Graves Supérieures sont issus de raisins attaqués de la «pourriture noble». Les raisins sont récoltés à la main par tries successives qui s’étalent sur plus d’un mois. Elaborés à partir des cépages Sémillon, Muscadelle et Sauvignon, les liquoreux se déclinent également en deux vins: le traditionnel, élevé en cuve, et La Cuvée Clémentine, vieillie en fût de chêne. Elle évoque par son nom le pape Clément V. Les liquoreux se boivent entre 8 et 10°C à l’apéritif, sur les volailles rôties, le foie gras, les fromages bleus comme le Roquefort et le Gâteau au chocolat. « Belle couleur jaune paille. Nez complexe, où se mêlent des notes de miel. En bouche, le vin offre un très joli confit et une belle persistance aromatique. »
Château d’Arricaud 1998, Graves Supérieures, 13,5° 12,00€
Au cœur des Graves, sur un site exceptionnel, le Château d’Arricaud offre au visiteur un superbe panorama du sauternais tout proche, aux coteaux de Garonne. Ce point de vue admirable sur la vallée de la Garonne et du Ciron est exposé vers l’est, à l’abri des vents dominants. L’origine du domaine est très ancienne et nous devons son aspect actuel au Comte Joachim de Chalup. Il entra chez les mousquetaires gris en 1772, devint conseiller du Roi en 1783, puis Président du Parlement de Bordeaux. Incarcéré sous la Terreur au château-prison de Cadillac, puis libéré, il fut nommé premier Président de la Cour Royale d’Angers sous la Restauration. Dès cette époque, le domaine fut l’objet de soins et d’agrandissements aves des cépages de choix. Depuis trois générations, la famille Bouyx-Trénit, très attachée à ce terroir et à son histoire, œuvre pour mettre en valeur et développer le vignoble. Aujourd’hui, Isabelle Labarthe poursuit avec passion les mêmes objectifs. Le climat océanique, doux et tempéré, avec une bonne hygrométrie, est favorable à la culture de la vigne et assure une bonne maturité. Le vignoble entouré de bois aux essences multiples, abrite une biodiversité de faune et flore extrêmement variée. Des ruches, installées dans notre massif d’acacias, permettent à des milliers d’abeilles de butiner naturellement les fleurs de vignes. Le vignoble du Château d’Arricaud comprend 23 hectares d’un seul tenant. Sa partie haute est recouverte d’un manteau de Graves typiques argileuses, en bas de pente affleurent les sols rouges argilo-calcaires à astéries. Par sa diversité et sa forte personnalité, ce terroir se montre aussi généreux pour la culture de la vigne et la qualité des raisins. Avec le temps, la vigne développe un profond réseau racinaire qui lui permet de puiser l’eau et les éléments nutritifs du sol mais aussi de limiter les excès climatiques (sècheresse). Ce terroir de Graves typiques assure une bonne maturation des raisins, car les cailloux emmagasinent et restituent progressivement la chaleur de la journée. L’enherbement naturel maitrisé par des techniques culturales adaptées (travaux de sols, sous-solage) contribue également à la biodiversité. Les parcelles sont plantées de cépages et de porte-greffes de choix, particulièrement bien adaptés à la topographie, au sol et aux objectifs qualitatifs du domaine. L’encépagement tient compte de la diversité du terroir afin d’en obtenir la quintessence. Ces facteurs confèrent aux vins, élégance, richesse et bouquet, caractéristiques du Château d’Arricaud.
Pour les blancs, le sémillon, le sauvignon et la muscadelle, sont implantés sur le terroir de graves argileuses et argilo-calcaire. La conduite du vignoble et les façons culturales sont nécessairement adaptée à chaque parcelle, en raison de la diversité des cépages. Plusieurs modes de taille sont utilisés, du Guyot simple à une aste pour les merlots et les sémillons, la taille médocaine pour les cabernets et les sauvignons blancs, la taille à côt pour les parcelles dédiées aux vins liquoreux. L’épamprage, l’ablation des contre-bourgeons, le rognage. L’effeuillage et les vendanges en vert sont raisonnés chaque année selon la climatologie et la vigueur de la vigne. Les autres pratiques viticoles sont traditionnelles et raisonnées fertilisations naturelles, utilisation stricte de produits phytosanitaire, optimisation de la protection du vignoble avec des stimulants de défenses naturelles à base d’algues. Un suivi technique régulier permet un pilotage « sur mesure » des parcelles jusqu’au début de la véraison (fin juillet). Des contrôles de maturité (dégustations de baies et analyses) sont effectués afin de déterminer la date optimale de récolte. Chaque cépage est donc vendangé à pleine maturité, à son maximum qualitatif. Les baies abimées sont éliminées à la parcelle afin de ne pas contaminer les jus. Le vignoble étant regroupé autour du château, les raisins sont rapidement acheminés au cuvier. Au cœur des Graves, sur un coteau orienté Sud-est, le vignoble installé en croupe fait face aux coteaux de Sauternes et d’Entre-deux-mers ; Sémillon 80% ; Sauvignon 10% ; Muscadelle 10%. Nez puissant, fruité aux notes d’abricot et de miel ; Bouche ronde, fraîche, belle persistance aromatique
Château Léhoul 2012, Graves Supérieures, 12°, 13,00€ :
Cette propriété de 10Ha appartient à la même famille, depuis que Georges Lehoult l’a vendue le 9 Ventôse An VI (hiver 1798) sous le directoire à Jean Clavie, aïeul de l’actuel propriétaire Eric Fonta. Avec passion et compétence, la famille Fonta assure le suivi de la culture, de la récolte (qui est manuelle), de la vinification, de l’élevage, de la mise en bouteille et contribue ainsi à perpétuer la tradition du savoir faire d’un grand vin sur un terroir d’exception. Les parcelles de vigne sont situées sur une croupe de graves présentant sur les flancs Nord et Ouest une pente marquée, favorisant le drainage naturel vers les ruisseaux situés en contrebas. Ces parcelles présentent un sol relativement maigre de graves sableuses apte à supporter un vignoble de qualité. Densité de 5000 à 6250 pieds/ha ; Enherbement naturel ou contrôlé ; taille avec ébourgeonnage, épamprage manuel, effeuillage manuel ; vendanges en vert, récolte manuelle avec tri sélectif. Sucre résiduel 70g l’année 2012 n’est pas considérée comme une bonne année pour les vins moelleux. 100% Sémillon Elevage 12 mois en fûts de chêne (30% neufs)

Remarque : Nous aurions souhaité présenter « les lions de La Louvière » mais le stock est épuisé, la production n’est pas régulière. La Cuvée des Lions de La Louvière est un vin rare. Celui-ci n’a, en effet, été produit qu’en 1989, 1996, 2003 et 2010. Il s’agit, en réalité, des années où certaines conditions climatiques exceptionnelles (chaleur, humidité de l’air…) ont été réunies. Celles-ci furent propices au développement de la Pourriture Noble sur nos raisins de Sauvignon blanc. La nature est donc fantasque puisque le hasard a voulu que la conjonction de ces phénomènes météorologiques ne survienne que tous les sept ans ! Prochaine récolte 2015